Analyse méconnue: de la technique à la création

 

La leçon de ténèbres

La puissance de l'éphémère

    La psychanalyse est très méconnue. On la confond. On la vulgarise. Nous sommes dans le temps de la vulgarisation des savoirs. Or, la psychanalyse n'est pas un savoir. ( C'est pour cette raison qu'elle n'a pas la cote, et que l'on raconte n'importe quoi à son sujet) Le psychanalyste n'est pas un savant ou un sachant. L'analyse est un art. Comme tout art, il s'exerce avec une certaine technique et une profonde exigence. Comme un artiste, le psychanalyste s'éprouve lui-même comme un instrument à préparer et à manier. L'instrument n'est pourtant pas l'art pas plus qu'un violoncelle suffirait à être une leçon de ténèbres. L'art est ailleurs, dans la rencontre et l'alchimie de la rencontre, dans la subtile puissance de l'éphémère .

Cet art pourrait être décrit comme "la voie de l'autre", aussi bien  que la voix de cet autre en soi, à l'extérieur  et au delà des mots. Comme dans tout exercice artistique, il faut du temps, et de la régularité dans la conduite de sa passion, pour cette quête du Réel.

De la matière première à la technique

Le regard et l'image

  Au début, l'émotion affleure: plaintes récurrentes, tristesses, colères, reproches et auto-reproches. Nul ne sait combien de temps il faut pour vider l'océan de la complainte.Les léviathans illusoires sont pléthores. C'est sans importance d'ailleurs. L'écoute de l'analyste amène une écoute de soi et une scansion de ce que l'on dit. Sonnerie de réveil dans le ronron du rêve. Il y a un impact de ce qui est dit, à ce que l'on est. Puis, il se produit une opération surprenante, qui concerne justement l'émotion ainsi mise en évidence par la parole écoutée: quelque chose se détache. Le regard se détache de l'émotion que l'on imaginait jusqu'alors être soi-même. Le regard voit qu'il n'est pas l'image fabriquée.

La parole entendue amène ça, quelque chose de l'ordre du témoignage. Une césure s'est faite soudainement d'elle-même, entre le témoin et l'image. En effet, la sonorité de la langue reçue et retournée renvoie à l'image de soi et à celui qui en témoigne.L'émotion devient image de soi, mais pas soi. L'image n'est pas le réel de soi. Elle n'en n'est qu'une représentation, une interprétation à un moment donné.

 

L'improvisation, un art bien préparé

Le jeu "d'âmour"


    Voilà comment l'analyse entre de plein pied dans la création poétique. Elle ne joue que dans l'instant, comme deux acteurs ou deux poètes qui improvisent. Finie la complainte de papa-maman, le narrateur à acquis la conscience de ce qu'il n'a jamais cessé d'être: "l'auteur", le créateur de ses misères, de ses splendeurs, de ses aventures. Là dans le cabinet, en face de ce public actif qui peut réagir, le clown du réel se crée sans cesse. Il n'est plus fixé, obligé d'être ce que l'on a toujours connu de lui. L'acteur porte un masque, mais il le sait. il peut aussi changer de masque. l'auteur crée sa vie et s'amuse de son roman avec celui qui est "son premier lecteur".

 

 

 

 

 

 

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