"Cher symptôme" dans la logique de cure

   


A propos des symptômes 

Pourquoi s'en débarrasser?


    Nous l'avons vu dans l'article précédent, le processus thérapeutique est une affaire complexe qui requiert prudence et patience. En effet, les jeux compensatoires  du refoulement conscient/inconscient rendent néfaste toute interventionnisme thérapeutique, et mettent le sujet souffrant dans un risque de décompensation parfois difficile à maitriser et parfois pire que le mal pour lequel il est venu consulter. Toute suggestion trop appuyée, toute hâte est à considérer avec la plus grande des réticences, car en matière d'âme, le cours paradoxal, naturel et contre-naturel des choses doit être traité avec la plus grande circonspection.

Bien entendu il est légitime, lorsque l'on vient consulter, de souhaiter " faire disparaitre " les empêchements  malheureux qui se manifestent dans sa vie et rendent compte de souffrances psychiques. Pourtant, ces "symptômes" ou ces "indices-de-blessures-à-vivre" ne sont pas à regarder avec acrimonie, et bien qu'ils révèlent un malaise ou une dis-fonction de la vie sociale et relationnelle. Les phobies notamment, et leurs variétés de rituels conjuratoires par exemple, ne doivent pas être déconsidérées, mais au contraire, elles doivent être respectées comme des nécessités mystérieuses et signifiantes, et cela, tout en ignorant à quelle réalité circonstancielle encore voilée à laquelle elles renvoient.

Des trucs de la stucture

    L'élimination des symptômes n'est donc pas à rechercher. Les symptômes, comme expression de la structure psychique, peuvent tout à fait être utiles à l'analyse, comme mesure, comme support même et contrepoids. La disparition trop précoce du symptôme n'est pas toujours un bon signe, même si elle a été espérée avec force. En effet, le symptôme signifie, exprime, cache, compense ou représente la "personne" ( l'idée que quelqu'un se fait de lui-même )  qui s'y identifie. Le processus de dés-identification est souvent un deuil long à opérer. Bien qu'il soit malaisé de définir quoi que ce soit de sûr en matière de travail avec l'inconscient, mieux néanmoins que celui-ci soit lent et progressif. L'évolution et disparition de l'angoisse associée généralement au deuil du symptôme est aussi à observer avec attention.

Un sujet souffrant, déparé de son symptôme peut en effet se trouver dans une situation de totale perte de repère, et son moi tomber en déréliction.

Pour le thérapeute, il est question de faire évoluer ce "symptôme" vers sa forme "d'articulation symbolique", ainsi que le décrit Jacques Lacan par "le Synthome , c'est- à- dire vers une traduction dans la vie de tous les jours, et dans le principe de réalité, de ce symptôme par des actes ou une forme articulatoire symbolique.

 

La logique de cure et l'amour

De l'importance de la raison pour décrire

    L'approche thérapeutique s'effectuera en premier lieu par une grande liberté de parole laissée au patient, mais aussi par l'encouragement à user de sa raison, afin d' éclairer les part d'ombre qui l'engloutissent. Cette usage du discernement, que ce soit dans le cadre de la névrose et de la psychose permet au sujet souffrant de se situer dans une position morale "plus élevée", et donc plus sécurisante quant à étudier ce qui le fait souffrir et qu'il craint confusément, à juste raison. Cet art de la discrimination doit être encouragé, mené avec exigence et poursuivi jusqu'à la fin du travail thérapeutique, et si possible soutenu par la lectures d'ouvrages éclairants le fonctionnement de l'esprit.

De nouveau, Jacques Lacan exprime la nécessité d'étudier la psychanalyse "de façon serrée" pour aboutir à la fin de cure dans le cadre de l'analyse. Cette approche par la logique n'est pas le seul aspect du travail, mais il permet une première structure, une terre ferme dans le magma obscur des débuts et les houles chroniques qui mènent à l'émergence de la conscience et au renouvellement de ses perspectives. Le patient doit être mis au courant des outils qui sont utilisés pour sa propre guérison et permettent de ne pas se laisser impressionner par ses propres ténèbres, mais au contraire de les supposer lumineuses. Ainsi, la collaboration avec l'analyste, et avec sa part d'altérité inconnue qu'il projette par l'ombre n'en est que plus active et profonde.

 

De l'importance de la relation pour être

    Par la suite, la théorisation doit être mise à l'épreuve de la compréhension et de la réalisation au sein de la vie quotidienne. On ne doit en effet pas penser qu'il suffirait de lire des ouvrages de psychanalyse pour s'en trouver soulagé de ses maux, ni même parvenu à un quelconque aboutissement. Au quel cas, il n'y aurait de nécessité à cette alchimie dont le transfert ( relation analysant/analyste) se fait l'athanor ( four des alchimistes ). Or, cette relation de transfert est la condition d'amour et de confiance au bon déroulement de ce voyage initiatique; amour et confiance sans lesquels il ne pourrait y avoir de véritable engagement et de véritable lien avec la nature même de la conscience, puisque l'essence de la vie est "relation".

 

Commencer une analyse, mais pourquoi faire ?

   Pour conclure, il est donc judicieux de rencontrer son propre esprit avec un interlocuteur avisé en qui l'on éprouve une confiance assez nette quand à sa connaissance du voyage intérieur.  La modération et la prudence sont à adopter si l'on souhaite aborder ce travail de façon tranquille. Il faut garder à l'esprit qu'il s'agit là d'un long voyage au cours duquel les évolutions se feront de façon subtiles, pas-à-pas mais de façon puissantes. Les résultats à attendre se trouveront d'avantage du coté de la tranquillité à être et de la détente, de l'ouverture vers d'autres perspectives plutôt que du coté d'effets saisissants et spectaculaires de notre façon d'être aux yeux des autres. L'analyse est d'avantage une maturation désirée mettant en oeuvre  tous les aspects de l'existence au service de l'émergence de la conscience qu'un acte extérieur pour se normaliser .

 

analyse et méditation

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