Education de l'enfant: Le droit à la réflexion

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La violence des adolescents

    La violence des adolescents est à l'ordre du jour. Crimes qui ne s'en suivent pas de regrets, ou semblant n'être pas suivis de regrets. Le pédo-psychiatre Marcel Ruffo au grand journal de canal+ semblait bien en peine d'y apporter une explication, tout en souhaitant proposer un éclairage de spécialiste, ou en tous cas d'allié de l'enfance souffrante. Son embarras était très évident lorsqu'il parlait du geste de Merah ,puis du crime perpétré par ces 4 adolescents sur leur camarade de mauvaise aventure,  les commentant avec cette phrase qu'il a d'ailleurs répétée, marquant là son hébétement face à la complexité du problème qu'il avait deux minutes pour rendre compréhensible:  " La violence, dit-il,  apparait quand il n'y a pas de place et pas de temps pour réfléchir".   Sa phrase nous abandonne, nous, à la réflexion, tout comme son embarras. Il y ajoute que même si les adolescents ne semblent pas manifester de regrets, cela ne signifie pas qu'ils n'en aient pas.  Là aussi il y a une dichotomie entre le paraitre et la confusion qu'ont ces jeunes quant à entendre ce qui se passe au fond d'eux même. Le brouhaha est si immense en eux qu'ils n'entendent rien de leur propre motivation....et nous non plus nous ne pouvons rien entendre si nous ne sommes pas plus au fait de la complexité de l'esprit et de ses nécessités.

L'âme-barre-a...

    L'embarras- âme-barrée- a- c'est cette "gène aux entournures" quand on est face à une situation qui nous plonge dans l'ambiguité.  La gène dans le sens d'hérédité peut-être, ce qui se transmet de parent à enfant , ou ne se transmet pas, pour qu'on en arrive là, à la violence et au meurtre. C'est d'ailleurs plutôt dans le sens du "ça n'est pas passé"..."ça pulsionnel "barré par l'absence d'accompagnement , ou  par le déficit d'accompagnement parental avec des mots qui font sens. Ne trouvant pas d'issue, "d'allant-vers"...ces désirs sans réponse valables  se retrouvent cloués" à l'envers"dans le sans -nom de la violence.

Marcel Ruffo nous conduit à prendre le temps de réfléchir (  lui qui n'avait que  deux minutes de parole d'antenne - si peu de temps), nous, pour que cette éducation de la réflexion et de son temps nécessaire soit transmise à nos enfants, et soit perçue non pas comme un artifice, ou un plus de l'esprit cultivé, mais comme le socle de toute éducation de l'enfant, un droit à l'humanité en somme .  Si la barbarie( là-bas re-barré) advient c'est bien que l'être dans son devenir est barré....mais quand la barbarie est telle, peut-on encore parler de "problème d'adolescence". On rentre d'emblée dans la question de la maladie mentale.

L'âme-barrée-a...: âme, intériorité mise en mots, ici compte pour presque rien ne renvoie à rien, aucun au delà.


Famille et humanisme

Le droit à la réflexion

     Nous savons que la famille est autant le lieu de la première des barbaries comme elle  peut être le lieu de l'amour. Ce qui se manifeste d'abominable: ces crimes, ces violences y prennent racines, mais la famille elle même est l'enfant des sociétés et reflète leur ignorance à se connaitre.  Pour  y contrevenir Marcel Ruffo nous envoie une bouteille à la mer: prendre le temps de la réflexion. Il rassure cependant en disant que globalement les parents sont devenus plus intelligents, plus tolérants avec leurs enfants. Certaines familles en grandes difficultés néanmoins apparaissent d'autant plus grâvement touchées que d'autres, symtôme de notre civilisation où tandisque certains s'en sortent formidablement, d'autres chûtent au plus bas.

Les familles aux conditions d'existence difficile, famille "coupées", recomposées ou monoparentales  modestes comme plus aisées d'ailleurs semblent être  confrontées à ce problème: le manque de temps ensemble, ou le manque de temps pour réfléchir à soi-même, manque de temps pour regarder l'autre. On travaille, on est bousculé par toutes ces choses à faire...et finallement, on n'a pas un instant à soi, et moins encore de temps pour  être attentifs à ceux qui nous entourent . Il y a aussi  parfois le manque d'espace physique, qui fait que le bruit remplace les mots, ou le silence pesant des arrière-fond de musique et de télé. Pas le temps d'accompagner l'enfant, cet Autre et la compréhension de son quotidien qu'il mettrait en récit dans une apparté, ou dans un débat convivial ou dans une scansion de son émotion par l'interprétation de ses gestes et de leurs conséquences..

Il faudrait s'y autoriser...à prendre du temps pour réfléchir. Ce n'est pas un luxe. C'est ça, qui nous rend humain. Je dis qui nous "rend" humain, parceque je me demande si il ne faut pas choisir de le devenir, ou d'y accéder, comme on choisi d'être, au lieu de se suffire de paraitre ( parêtre) . Il y a là un acte de conscience et de liberté qui est possible pour tous à n'importe quel moment. Une liberté qui est de se rendre compte .....c'est un premier recul par rapport au bruit, un premier espace, un écartement par rapport au "monde hurlant" nommé comme tel par A.Desouzenelle, monde "d'en bas, des pulsions sauvages"non éclairées.

Dans un blog précédent, j'ai parlé de la perplexité...de sa nécessité, comme d'une ouverture qui commence avec ce premier constat qu'on n'en sait pas grand chose à ce qu'il faut faire. Bizarre que ce "on n'en sait pas grand chose "mène à ...c'est "quand même possible d'éclairer et d'avancer" . La réponse est toujours ouverte. Ce "je ne sais pas" implique qu'on en sache tout de même quelquechose...et c'est bien à cela qu'on envoie des signaux, à ce savoir antérieur dont on a la prémonition.

Cet effort subtil pour entendre, c'est cela qui demande du temps et un peu d'espace. Il est clair que dans notre monde , le temps et l'espace c'est ce qui manque, et lorsqu'il apparait, on ne sait pas comment de regarder autrement que comme un fléau. Cela, bien sûr ce n'est pas nouveau. Le travail c'est toujours cela "la valeur", faire....On ne sait pas pourquoi il faut faire, ou avoir l'air de faire, mais bon.... Le silence devient angoisse, la solitude fertile devient isolement , la contemplation l'ennui sitôt qu'on est plus dans "le faire" ..dur comme fer.




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